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Congo-Brazzaville – Analyse du collectif concernant les prochaines élections présidentielles 2009

Pays d’Afrique centrale d’environ 3 millions d’habitants, riche en ressources naturelles, 4e producteur de pétrole d’Afrique, 70% de la population vivant avec moins de 1 dollar par jour, occupa et occupe une place stratégique dans l’approvisionnement énergétique de la France, à ce point qu’Elf contrôlait le Congo (François-Xavier Verschave, Noir Silence, p. 46).

A Total, le successeur d’Elf, s’ajoute Bolloré qui vient de remporter la concession du terminal à conteneurs de Pointe-Noire et souhaite en faire le premier port en eau profonde d’Afrique centrale. Le bois de la forêt tropicale est également l’objet de toutes les convoitises (Rougier). Air France détient le monopole du transport aérien sur les lignes internationales, mais de nombreux amis français de SN ont créé des compagnies aériennes « nationales » que les Congolais appellent des cercueils volants.

1960, accession à l’indépendance, comme toutes les colonies françaises d’Afrique noire. Le premier président, le prêtre Fulbert Youlou, est renversé en 1963 par un mouvement socialiste révolutionnaire proche de Cuba et de la Chine. Alphonse Massamba-Débat devient président. Un putsch d’un groupe d’officiers, dont SN fait partie, porte Marien Ngouabi à la tête de l’état en 1968. Officiellement marxiste-léniniste et dirigé par le parti unique PCT (Parti congolais du travail), le pays est néanmoins sous contrôle d’Elf. Quand Marien Ngouabi veut augmenter la fiscalité sur le pétrole, il est assassiné en mars 1977 dans des circonstances non encore élucidées, qui entraînent des meurtres en série des supposés coupables. Parmi les nombreuses victimes figurent Massamba-Débat et le cardinal Emile Biayenda, qui ont le tort d’être originaires du sud du pays. SN renverse son complice Yhombi Opango, successeur de Ngouabi, et accède au pouvoir en 1979. Commence ce qui est appelé le régime Sassou I. Après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, la population, excédée par la gestion mafieuse de l’Etat, impose une conférence nationale souveraine, tenue entre février et juin 1991. Elle accuse SN de 3000 assassinats politiques, dont ceux de Ngouabi, Massamba-Débat et Biayenda, et demande un audit de la gestion du pétrole par le cabinet Arthur Andersen. Elf refuse de communiquer les pièces comptables, l’audit n’a pas lieu.

En 1992, une nouvelle constitution est votée et les premières élections libres du pays portent l’UPADS (Union Panafricaine pour la Démocratie sociale) avec Pascal Lissouba à la tête de l’Etat. Elf s’accommode d’abord de Lissouba. Mais lorsque ce dernier fait augmenter la clé de répartition des recettes du pétrole en portant la part du Congo de 17 à 33%, et envisage de remplacer les concessions par des partenariats, Elf voit rouge. SN, qui séjourne en France, retourne au Congo au début de 1997 avec l’aval du gouvernement français. En juin 1997 commence une guerre absolument atroce à huis clos, faussement nommée civile, mais en réalité contre les civils, qui ramène SN au pouvoir en octobre 1997. Cette guerre contre les civils du sud du pays, supposés être acquis au pouvoir déchu dure jusqu’en 1999, voire jusqu’en 2002 dans la région du Pool, autour de Brazzaville. Pour écraser la résistance d’une population qui avait réussi à se doter de structures démocratiques, SN eut recours aussi bien à ses propres milices qu’à des mercenaires d’une dizaine de pays, dont des Français, des Tchadiens, des Marocains, des restants de l’armée de Mobutu du Zaïre, de génocidaires Hutus du Rwanda, etc. Mais c’est l’invasion de l’armée angolaise qui est décisive. La France opère à couvert depuis la base militaire du Gabon voisin, Elf paie les armes de tout le monde. Les médias internationaux sont aux abonnés absents.

ENJEUX 2009

Le régime Sassou II doit se donner l’apparence d’une légitimité envers la communauté internationale. En février 2002, référendum constitutionnel pour remplacer la constitution abrogée ainsi que « élections » présidentielles (mandat 7 ans) et législatives. Le peuple désabusé n’est pas dupe de cette mise en scène de « démocrature » et s’abstient massivement des « élections » législatives et municipales organisées en 2007 et 2008. Le traumatisme de la guerre est extrêmement profond. L’impunité au Congo est totale et les auteurs de tous les crimes commis depuis l’indépendance vivent tranquillement dans le pays. Dans la logique de l’écran de fumée pour le monde extérieur et pour s’assurer de sa « réelection » au premier tour en juillet 2009 – aucune date précise n’est officialisée à ce jour – SN a créé et acheté une multitude de partis soi-disant d’opposition mais secrètement à ses ordres. Malgré la déclaration d’un assez grand nombre de candidatures pour la présidence, le positionnement de la « vraie » opposition n’est pas clair, le fichier électoral existant ne correspond pas à la réalité, la « commission nationale électorale » est une officine du pouvoir, la peur règne, le pays regorge d’armes, tous les postes clé de l’Etat et de l’économie sont aux mains du clan de SN (qui est d’ailleurs fortement mis en cause dans la plainte contre les Biens mal acquis).

La tension est si grande que Nicolas Sarkozy, en prélude à sa visite du 26 mars, a vu la nécessité de faire publier le 24 mars 2009 un entretien dans Les Dépêches de Brazzaville, quotidien pro-gouvernemental congolais :

« ‹La France n’a pas de candidat. Il appartient aux seuls électeurs congolais de s’exprimer›, a déclaré aux Dépêches de Brazzaville M. Sarkozy, attendu jeudi dans la capitale dans le cadre d’une tournée devant le mener aussi en République démocratique du Congo et au Niger…. »

http://www.congoplus.info/fr/actual...

Comme le dit très justement Jean-François Bayart dans LA CROIX du 28 février 2009 : « La démocratie libérale, c’est le sifflet de la cocotte-minute. C’est la possibilité institutionnelle de résoudre politiquement des crises qui, sinon, se résolvent par le rapport de force social et militaire, et donc la violence. C’est ce qui s’est passé dans la plupart des pays africains depuis l’indépendance : à partir du moment où vous ne laissez pas les conflits vivre une médiation politique par le biais de la contestation, des jeux politiques, des manifestations, de la liberté de la presse, la cocotte-minute explose. Je ne vois pas une seule crise en Afrique subsaharienne qui ne confirme cette règle. Cautionner l’inhibition démocratique et les processus de restauration autoritaire en Afrique a entraîné la perpétuation des situations de conflit. » http://www.la-croix.com/article/ind...

Commentaires

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  1. Congo-Brazzaville – Analyse du collectif concernant les prochaines élections présidentielles 2009

    Ne faut-il pas analyser le faible taux de participation comme une sanction infligée par le Peuple Congolais, véritable et unique opposant, a tous les candidats qui ont accepte de concourir a une élection inconstitutionnelle ? Et non pas une sanction uniquement contre M. Sassou Nguesso ?

    Modeste Boukadia a établi depuis le mois de mars 2009 que les conditions d’une élection transparente au Congo n’étaient pas réunies et a bénéficie en cela de l’appuie de la population de Brazzaville comme le relate la presse de Brazzaville et de Kinshasa.

    Lire et télécharger "Modeste Boukadia refuse de cautionner un Coup d’État constitutionnel au Congo" http://www.congo-sangha.com/cdrc-revue-de-presse/modeste-boukadia-refuse-de-cautionner-un-coup-detat-constitutionnel-au-congo.html (copier le lien dans la barre d’adresse du navigateur)

    Refusant de déposer sa candidature a démocratique n’est pas respectée il a appelé la population a l’abstention. Il a tenu plusieurs conférences a ce sujet dans plusieurs villes. L’une d’elle, a laquelle s’étaient rendus plusieurs milliers de congolaises et de congolais, et qui avaient été annuelle pour cause d’obstruction de M. Ibovi, porte-parole du gouvernement de M. Sassou Nguesso.

    Telecharger article : "Modeste Boukadia met Sassou Nguesso en difficulté" (Journal "Tapis Rouge", Kinshasa Republique Democratique du Congo) Edition du 15Juin 2009) http://www.congo-sangha.com/Presse-internationale/Voir-categorie.html?orderby=dmdate_published (copier le lien dans la barre d’adresse du navigateur)

    Pourtant, la solution de Modeste Boukadia, qui appelle tous acteurs politiques a débattre, est pour le bénéfice de l’ensemble de la classe politique car assurant une égalité de traitement pour tous et mettant en place les conditions juridiques et électorales susceptibles de rassurer les Congolaises et les congolais que la transition apaisée est enfin en route. Il s’agit de mettre en place un gouvernement de transition qui sera en charge de mettre en place les conditions d’une élection présidentielle transparente et incontestable.

    Pour offrir ce débat d’idée et la transition tant souhaitée par le Peuple Congolais, véritable opposant, il est tant d’engager la concertation autour de la formation de ce gouvernement d’union national.

    "Toute la classe politique doit faire l’effort de s’élever au-dessus des calculs politiciens afin que nous allions vers la préparation des élections véritablement libres et transparentes pour préserver la paix et la tranquillité publique si chères à toutes les Congolaises et à tous les Congolais." a déclaré M. Boukadia le 9 juin 2009 lors d’une conférence de presse a son domicile de Brazzaville.

    Lire la déclaration : "La solution pour des élections libres au Congo engage tout le monde" - http://www.congo-sangha.com/blog/la-solution-pour-des-elections-libres-au-congo-engage-tout-le-monde.html (copier le lien dans la barre d’adresse du navigateur)

    Contacter M. Boukadia et son Equipe : http://www.congo-sangha.com/adresse-cdrc-congo-brazzaville/Siege-Social-Cercle-des-Democrates-et-Republicains-du-Congo.html

    Contacts par regions du Congo http://www.congo-sangha.com/latest/contacter-le-cdrc.html

    Voir en ligne : Modeste Boukadia refuse de cautionner un Coup d’État constitutionnel au Congo

    par congo-sangha | 15 juillet 2009, 15:31

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